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Anthologie de la poésie polonaise



l'Année de Jerzy Giedroyc l'Année 1956

02.09.2010

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biographies
arts visuels
EUGENIUSZ (EUGENE) ZAK
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Peintre et dessinateur d’origine juive, a vécu à Varsovie et à Paris, représentant de l’École de Paris. Né en 1884, mort en 1926.

Né dans une famille de juifs polonais assimilés en Biélorussie, il a commencé son éducation artistique en 1902 à l’École des Beaux-Arts à Paris sous la direction de J.L. Gérôme. Il a continué sa formation à l’Académie Colarossi chez A. Besnard. En 1903 il a fait un voyage en Italie; il a complété ses études à l’école privée de A. Azbè à Munich. Après son retour à Paris il a débuté en 1904 au Salon d’Automne, il a exposé aussi au Salon des Indépendants et à la Société Nationale des Beaux-Arts. Dans les années 1906-08 il a séjourné souvent en Bretagne. Il a adhéré à la Société des Artistes Polonais à Paris, il était uni par liens d’amitié avec les artistes de l’École de Paris, entre autres avec Roman Kramsztyk, Waclaw Borowski, Leopold Gottlieb, Melania Mutermilch et Zygmunt Menkes.

Des critiques éminents veillaient sur le développement de sa carrière, Adolf Basler et André Salmon. La première présentation individuelle de la peinture de Zak à la Galerie Druet a eu lieu en 1911. En 1912 il a été nommé professeur à l’Académie de la Palette.

Il a passé les années 1914-16 à Nice et à Vence. En 1916 il s’était installé avec sa femme, Jadwiga Kohn, dans sa ville natale, Czestochowa, c’est alors qu’il était rentre dans le cercle de futurs formistes.

Après son déménagement à Varsovie, il a été le co-fondateur, en 1921, de STOWARZYSZENIE ARTYSTOW POLSKICH RYTM / L’ASSOCIATION DES ARTISTES POLONAIS RYTHME. Vers la fin de cette même année il est parti en Allemagne, au début à Berlin, plus tard à Bonn et à Cologne. Il a entamé la collaboration avec la revue "Deutsche Kunst und Dekoration". Il a fait aussi sur commande un panneau décoratif dans la maison de l’architecte F. A. Breuhaus à Bonn. En 1923 il s’est installé de nouveaux à Paris, il a vécu avec des amis - Z. Menkes et M. Chagall. Il a eu des expositions individuelles à Paris (1911, 1925) et à Varsovie (1917). Il a présenté ses travaux à la Galerie José Dalmau à Barcelone (1912), à Armory Show à New York, Chicago et Detroit (1913), à la Biennale à Venise (1914) et aux expositions parisiennes de la Société France-Pologne (1924). Il a participé à quelques expositions en Allemagne, entre autre à la Sécession de Berlin (1910, 1912), Sécession Libre (1914) et Künstlervereinigung à Munich (1912). Il a participé aux expositions de TOWARZYSTWO ARTYSTOW POLSKICH "SZTUKA" / LA SOCIETE DES ARTISTES POLONAIS "ART" (depuis 1908) et des EKSPRESJONISCI POLSCY / EXPRESSIONNISTES POLONAIS à Cracovie (1917) et à Lvov (1918). En plus il a montré ses tableaux à Varsovie au Club Polonais Artistique (1917-18). Des expositions posthumes de Zak ont été organisées à Varsovie (1926), Düsseldorf (1926), New York (1927), Buffalo (1928), Londres (1929) et surtout aux galeries parisiennes: Bing (1926), Berheim (1927), Druet (1931) et Zak (1936, 1938).

L’œuvre de Zak se caractérisait par un syncrétisme particulier qui consistait en transformation et fusion de différentes conventions artistiques, de la peinture de quattrocento italien et du classicisme français, de l’expressionnisme du jeune Picasso, des tableaux symboliques de Puvis de Chavannes et Maurice Denis, et aussi des paysages de Cézanne. L’Eole de Pont-Avent et des nabis parisiens qui travaillaient la forme synthétique et le contour élastique qui contournait les tâches plates des couleurs étouffées, ternes et laiteuses ont influencé la manière artistique de Zak. Il s’est laissé emporter par l’intérêt, de nouveaux réveillé, pour l’art de la Renaissance; dans les portraits dessinés en lignes précises et souples en sanguine il faisait référence à la convention pittoresque de Botticelli, Léonarde et Dürer. Pendant son séjour à Pont l'Abbé dans les années 1906-1908 il a créé une série des compositions qui présentaient des paysans bretons pris dans leurs activités quotidiennes. Il complétait souvent leur image par des fragments de l’architecture du village, il obtenait le ton nostalgique par le linéarisme mou de la composition. Il cherchait l’inspiration et les modèles dans la peinture miniaturiste perse, dans la porcelaine chinoise et la xylographie japonaise. La fascination par la stylistique de quattrocento s’était renforcée dans le motif développé par l’artiste dans les années 1910-23 des amants, pêcheurs et pâtres enfoncés harmonieusement dans le paysage, souvent un paysage de la côte rocheuse avec le bloc dominant d’un vieux château. Ces motifs, élaborés de plusieurs façons, constituaient un certain travestissement du courant pastoral dans la peinture du XVIII ème siècle - des bucoliques sentimentales, des idylles et fêtes champêtres. Les compositions symboliques de Puvis de Chavannes apportaient aussi des impulsions fortes. Les paysages arcadiens étaient basés aussi bien sur la mémoire "de musée" qui transposait les oeuvres des maîtres anciens comme sur la contemplation des paysages italiens et du sud de la France; les formes géométrisées de la nature et les constructions de forteresses soumis à la rythmisation étaient une preuve de plus d’une bonne assimilation de la leçon de Cézanne. Une gamme raffinée des marrons saturés, des bleus, des verts et de roses complétés parfois par des oranges flambant à l’intérieur donnaient une ambiance élégiaque et mélancolique. La valeur décorative des tableaux était renforcée par les réflexes lumineux glissant sur leur surface et renforçant la plasticité des blocs. L’artiste mettait au jour les formes sveltes avec un contour raffiné et harmonieux en leur apportant en même temps une légèreté et une douceur particulières. (IDYLLA / IDYLLE, 1914-17, PEJZAZ IDYLLICZNY Z OWCAMI / PAYSAGE IDYLLIQUE AUX BREBIS, 1921; PEJZAZ Z ZEGLARZAMI / PAYSAGE AUX MARINS; RYBAK / PECHEUR; IDYLLA. STARY ZAMEK / IDYLLE. VIEUX CHATEAU). Dans les années 1918-20 les motifs bucoliques ont laissé place aux motifs "misérabilistes"; dans l’œuvre de Zak apparaît le motif du mendiant, de l’ivrogne et du clochard renvoyant à l’œuvre du jeune Picasso. En même temps l’artiste a commencé à construire des compositions multi figures de large narration qui présentaient le motif d’une famille heureuse, parfois concentré à observer un théâtre de marionnettes (TEATRZYK / LE PETIT THEATRE, 1924). Une ambiance joueuse se voyait dans les coloris vifs, le contour séparant les tâches de couleurs disparaissait. Les valeurs décoratives des tableaux étaient renforcées par la rythmique des formes, conséquente et disciplinée.

Le portrait était un des courants dominant dans l’œuvre de Zak. Dans les portraits des femmes aux visages subtilement modelés au clair-obscur et aux traits marqués avec un contour délicat se voyaient les inspirations de l’art de Botticelli et Leonardo da Vinci. Prises sur un fond neutre, seules au premier plan, contemplatives, les héroïnes des tableaux et des dessins de Zak trouvaient une dimension intemporelle, elles devenaient la quintessence de la réflexion sur l’essentiel de la nature humaine. Dans les années vingt Zak a entrepris à plusieurs reprises les études des personnages aux instruments de musique (KOBIETA Z MANDOLINA / UNE FEMME A LA MANDOLINE, 1923; MUZYK / LE MUSICIEN, 1924; TANCERKA I GITARZYSTA / LA DANSEUSE ET LE GUITARISTE); il a peint des arlequins, des pierrots et des solitaires caractérisés par une stylistique linéaire. Les personnages des proportions allongées figés dans des attitudes théâtrales se composent dans des espaces plates des intérieurs vides, parfois figurativement approfondis par des enchevêtrures arcadiennes (DANS LE CABARET, 1919-20). On trouve parfois dans ces tableaux un ton facétieux, presque grotesque, renforcé par l’attitude maniériste des modèles (PIERROT, 1922; PIJACZKA / IVROGNESSE, 1923; MARZYCIEL / REVEUR, 1925). Dans les travaux des années 1924-26 l’espace abstrait dans lequel sont engagés les personnages donne aux motifs une dimension universelle et archétypique, la réflexion même sur le sens de l’existence humaine devient le motif. De façon typique de l’œuvre tardive de Zak, les formes sont marquées avec une tâche chromatique subtilement modulée de contours mous et le bloc est souligné par des réflexes lumineux aigus. Pendant cette période l’artiste a appliqué de nouvelles solutions chromatiques en octroyant à la couleur le primat absolu sur le dessin; la gamme chromatique éclairée a trouvé des nuances raffinées, elle s’était enrichie des gradations subtiles des tons. Les touches particulières du pinceau et les empâtages formaient des effets de facture différenciée. (WEDROWIEC / VOYAGEUR, 1924; CHLOPIEC / GARCON, 1925).

Irena Kossowska
Instytut Sztuki Polskiej Akademii Nauk
mars 2002
 

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