Ce site comprend deux textes: une biographie de Stanislaw Wyspianski, présentant son oeuvre de dramaturge, de poète, de metteur en scène et de rénovateur du théâtre polonais, rédigée par Maria Prussak et une chronologie de la vie et de l'œuvre de l'artiste, sous la rédaction de Marta Romanowska.
STANISLAW WYSPIANSKI
Théâtre
Dramaturge, poète, metteur en scène, rénovateur du théâtre polonais, Stanislaw Wyspianski naquit le 15 janvier 1869 à Cracovie et décéda le 28 novembre 1907 dans cette même ville.
Wyspianski grandit dans le Cracovie de la fin du XIXième siècle, sous l'hégémonie de la Monarchie Austro-Hongroise. L'endroit et le milieu social dans lequel il passa son adolescence jouèrent le rôle décisif dans la formation de son imaginaire artistique et influèrent sur sa façon de penser. Le père de Stanislaw, Franciszek Wyspianski, sculpteur, tenait son atelier au pied de la colline de Wawel surmontée de la cathédrale et de l'imposant château royal qui faisait à l'époque office de caserne de l'armée autrichienne. C'est à Wawel que reposaient les vestiges de la grandeur révolue de la Pologne, effacée de la carte d'Europe vers la fin du XVIIIème siècle. Stanislaw fréquentait le Collège Sainte-Anne, établissement qui fonctionne sans interruption jusqu'aujourd'hui. Beaucoup d'entre ses camarades de classe allaient jouer un rôle important dans la vie culturelle de Cracovie:
Jozef Mehoffer, Lucjan Rydel, Stanislaw Estreicher. Le collège offrait une formation bilingue, les élèves y apprenaient la langue, la littérature et la culture allemandes. La section classique du collège assurait également un niveau élevé de connaissances en matière de l'antiquité gréco-romaine. En effet, les motifs antiques seront constamment présents dans l'œuvre artistique de Wyspianski. Cracovie, ancienne capitale du pays qui avait connu une époque de grandeur, et fut par la suite réduit au rôle d'une ville médiocre dans une province défavorisée, n'en était pas moins un endroit magique, un point de référence pour les Polonais de la fin XIXième siècle, un symbole de leur identité nationale. Le caractère spécifique de cette ville dictait un rapport ambigu à l'histoire: d'un côté, on y célébrait la tradition et vénérait les souvenirs du passé avec grande pompe, et de l'autre, un groupe d'historiens constitué à l'Université Jagellonne s'était proposé de porter un regard critique sur l'image que les Polonais se faisaient de leur passé et de le réviser en démontrant les sources des défaites passées et des comportements sociaux contemporains. C'est également à Cracovie que naquit le modernisme polonais.
Après son bac, Wyspianski étudia la peinture à l'École des Beaux-Arts, auprès de Jan Matejko, grand maître de la peinture historique, créateur de vastes toiles évoquant l'histoire de la Pologne. Il s'inscrivit aussi à la faculté de philosophie de l'Université Jagellonne. Encore étudiant, avec ses collègues, il travaillait à la rénovation de l'église Notre-Dame, et, lors de ses voyages de vacances dans les régions de Cracovie et de Kielce, il aidait à dresser les plans et les inventaires des monuments historiques. Il contribua à la découverte, à Kruzlowa dans le région des Carpates, d'une statue de la Vierge en bois, datant du XVième siècle (la statue, appelée
Madonna de Kruzlowa, se trouve à présent au Musée National à Cracovie). Grâce à ces expériences, Wyspianski développa une approche très personnelle du patrimoine culturel, une sensibilité aux détails, au concret de l'œuvre plastique. Doté d'une imagination prodigieuse et originale, Wyspianski considérait les oeuvres d'art, celles qu'il créait lui-même comme celles qu'il regardait, en tant que traces des événements passés, scènes figées qui avaient résisté à l'écoulement du temps. Aussi, en regardant un tableau, une sculpture ou encore un monument architectural, imaginait-il un récit à son sujet, et essayait de deviner quelle était l'histoire dont il faisait partie. Ainsi, il mettait en mouvement ce qui dans les arts plastiques est statique par nature. Lycéen, Wyspianski était déjà fasciné par le théâtre. À la scène de Cracovie, il pouvait admirer les meilleurs acteurs polonais de son temps (dont Helena Modrzejewska), il faisait lui-même du théâtre d'amateur. Le modernisme naissant mettait en relief la synergie entre différents domaines de l'art. Parallèlement à ses études en peinture, Wyspianski écrivait de petits fragments de poésie et des scènes dramatiques qui constituaient souvent des commentaires à ses oeuvres plastiques. Ainsi, l'artiste accompagnait la création du vitrail pour la cathédrale de Lvov de la composition de
Krolowa Korony Polskiej / Reine de la couronne polonaise. Lorsque, plusieurs années plus tard, en tant qu'artiste mature et accompli, Wyspianski travaillait sur les cartons du cycle de vitraux pour la cathédrale de Wawel (irréalisé), il composait parallèlement des poèmes consacrés aux personnages historiques présentés sur les vitraux.
En 1890 Wyspianski fit un voyage en France, en passant par Vienne, Milan, Como, Lucerne et Bâle. Il séjourna un certain temps à Paris, et visita la cathédrale Saint-Denis. Pour son retour en Pologne, il choisit l'itinéraire des plus célèbres cathédrales gothiques: Chartres, Rouen, Amiens, Laon, Reims et Strasbourg, ensuite il visita les cathédrales romanes, jusqu'à Nürnberg. En passant par les villes allemandes, Wyspianski allait aux théâtres pour y voir des pièces de Goethe, de Weber, de Wagner et de Shakespeare. Pendant son voyage, l'artiste écrivit des lettres très particulières à ses amis (surtout à Lucjan Rydel). Ces lettres, de même que le "Carnet de voyage en France" lui servirent de base pour un vaste traité sur les grandes cathédrales françaises, qui resta inédit. En mai 1891 Wyspianski partit de nouveau pour Paris, en passant par l'Autriche et la Suisse, en vue de continuer ses études à l'École des Beaux Arts. Refusé au concours d'entrée, il se lia à l'atelier parisien Académie Colarossi. Après avoir passé plus de trois ans dans cette ville, il rentra définitivement à Cracovie en septembre 1894. Pendant son séjour à la Ville-Lumière, il admirait les spectacles de la Comédie-Française, fréquentait plusieurs théâtres. Hormis la peinture, il s'adonnait à l'écriture: il commença à écrire des pièces du théâtre et des livrets d'opéra qui évoquaient des sujets historiques ou mythologiques considérés de la perspective de la fin du siècle. Ses études à l'étranger lui permirent de s'initier aux courants esthétiques modernes (y compris la conception moderne de l'art utilitaire), de connaître des esthétiques variées du théâtre européen, mais surtout lui firent découvrir le gothique, le phénomène de la cathédrale en tant qu'un univers complet, l'expression la plus parfaite de son époque. Désormais, le désir de créer une oeuvre totale, capable de contenir, telle la cathédrale gothique, toutes les expériences de l'histoire et du contemporain, ne quitte plus Wyspianski.
Marquée par l'audace et l'ampleur particulières, l'activité artistique de Wyspianski s'étend à plusieurs domaines. Il établit des plans de restauration de monuments historiques, et notamment du Château royal de Wawel, réalisa une polychromie et des vitraux monumentaux à l'église des Franciscains à Cracovie, conçut la présentation typographique de la revue moderniste "Zycie" (la Vie), peignit des toiles, dessina des meubles, écrivit des drames, créa des projets de scénographie pour le Théâtre Municipal de Cracovie. Il travaillait rapidement et avec un acharnement sans pareil. Très variée, l'œuvre de sa vie fut réalisé en moins de vingt années de sa vie active. Plusieurs d'entre ses projets plastiques ne furent jamais exécutés, et ce n'est qu'une partie de ses oeuvres dramatiques qui fut mise en scène.
Wyspianski débuta en tant que dramaturge avec la pièce
WARSZAWIANKA / la Varsovienne présentée pour la première fois en novembre 1898. Depuis, pour toutes les représentations de ses oeuvres, il faisait les projets de décors, qui d'ailleurs n'étaient pas toujours réalisés fidèlement. Déjà
WARSZAWIANKA dénote une conception très moderne de tous les éléments du spectacle théâtral, en particulier une composition rigoureuse et créatrice de l'espace: les fenêtres situées dans le mur de fond remplissent une fonction dramaturgique très spéciale, en dirigeant l'attention des héros du drame, ainsi que celle des spectateurs, sur ce qui se passe au fond de la scène. Pour le spectacle, son auteur conçut une scénographie originale, en noir, blanc et doré. Les éléments de la scénographie, un clavicorde et un buste de Napoléon, disposés au centre de la scène, jouent un rôle important dans l'action. Le chant-titre, "La Varsovienne", leitmotiv de la pièce, en devient l'un de principaux héros. Avec sa
WARSZAWIANKA, Wyspianski prit la parole dans la discussion sur le rôle de la mémoire historique dans la conscience des Polonais. Lors de la première représentation de la pièce à Lvov, le 2 juillet 1901, le rôle de Maria fut joué par Helena Modrzejewska. Ainsi, deux grandes figures du théâtre polonais se rencontrèrent à l'occasion d'un spectacle. Modrzejewska, célèbre interprète de grands rôles dramatiques des oeuvres de Shakespeare, comprit tout de suite que Wyspianski était un grand visionnaire du théâtre. Par la suite, elle joua le rôle de Laodamia dans la première représentation du spectacle
PROTESILAS I LAODAMIA, le 25 avril 1903. C'est à elle que Wyspianski consacra ses strophes sur l'art d'acteur, publiés en 1905 dans "L'étude sur Hamlet", qui comptent parmi les plus beaux poèmes polonais.
Deux ans après la création de
WARSZAWIANKA, le poète acheva la composition du drame sur la légion polonaise créée à Rome par
Mickiewicz, sous le titre de
LEGION. Bien que les répétitions fussent commencées, il fut impossible de produire la pièce, non seulement en raison de la mise en scène d'une envergure sans précédent dans le théâtre polonais, prévue par son auteur, mais aussi à cause de la critique virulente de la philosophie historique du romantisme que la pièce véhiculait. En fait, c'est sans ambages que le drame évoquait le problème de l'héritage oppressant du messianisme romantique et du culte de grands poètes romantiques, qui pesait sur la vie intellectuelle et artistique polonaise à la charnière du XIXième et XXième siècles. Le poète dénonce avec fougue les conséquences d'une approche schématisée de la tradition romantique qui avait été transformée en un amas de symboles morts par les interprétations idéologiques.
Les motifs importants dans l'œuvre de Wyspianski trouvent leur plus ample expression dans son drame
WESELE / Les Noces. Le poète tente de ressusciter le langage symbolique pour parler des problèmes de l'histoire et la situation actuelle des Polonais. Le spectacle constitue une voix dans la discussion sur le rôle de l'art dans la formation de l'imaginaire collectif dans la mesure où il évoque les grandes oeuvres poétiques, théâtrales et plastiques polonais (notamment les drames d'Aleksander Fredro et de
Juliusz Słowacki, les toiles de Jan Matejko et de
Jacek Malczewski).
WESELE offre une image sinistre de la société sans défense, pliée sous le joug d'un triple esclavage: l'oppression politique, le fardeau de la tradition nationale figée, et le scepticisme de l'intelligentsia en proie au doute. Le drame, écrit en vers évoquant le rythme de la poésie romantique, changeant au gré de l'action, précis et laconique, est riche en expressions figurées et aphorismes qui s'introduisirent dans la langue de tous les jours. Le décor du spectacle, pour la première fois dans le théâtre polonais, organisait de façon parfaitement précise l'image scénique, où tous les éléments plastiques jouaient un rôle important et la lumière créait l'ambiance et la tension dramatique. La musique du spectacle, composée par le dramaturge, constitue elle aussi un élément crucial du drame. Le spectacle s'achève sur une scène très novatrice, une image sans paroles, composée uniquement de mouvement et de musique. La création du drame eut lieu au Théâtre Municipal de Cracovie le 16 mars 1901 et rendit son auteur célèbre.
WESELE fut interprété par les plus éminents acteurs de l'époque. La pièce, publiée en avril 1901 (édition suivante en juillet de la même année) devient tout de suite objet de nombreuses analyses et discussions. Le 24 mai, la pièce est jouée à Lvov. Cependant, la censure russe n'autorise pas la vente des exemplaires des
Noces, ni, à plus forte raison, la mise en scène du spectacle sur le territoire du Royaume du Congrès.
Suite au succès remporté par
WESELE, Wyspianski se vit confier l'élaboration de la mise en scène des
AÏeux d'
Adam Mickiewicz. La création du spectacle eut lieu le 31 octobre 1901. Pour la première fois dans l'histoire du théâtre polonais, les
AÏeux furent montés en spectacle; celui-ci constitua l'exemple sans précédent de la mise en scène créative d'un drame romantique. Wyspianski créa lui-même une adaptation scénique du drame: il rassembla toutes les parties de l'œuvre de Mickiewicz dans une composition unie, nivela les motifs messianiques pour mettre en relief le drame du héros principal. Le rôle de celui-ci fut confié à Andrzej Mielewski, l'un des meilleurs acteurs de la jeune génération, interprète du rôle de Jasiek dans
Les Noces. En décembre Wyspianski publia sa rédaction du texte de Mickiewicz sous le titre "Les 'Aïeux' d'Adam Mickiewicz: Scènes dramatiques. Texte du spectacle présenté au théâtre de Cracovie le 31 octobre 1901". La création suivante des
AÏeux mis en scène par Wyspianski eut lieu à Teatr Polski de Poznan le premier novembre1902.
Au cours de vingt années suivantes, le drame de Mickiewicz dans l'adaptation de Wyspianski fut joué dans les théâtres de la Pologne entière. Le spectacle marque le moment de naissance de la mise en scène moderne. Depuis, tout au long du XXième siècle, la mise en scène des
AÏeux constituera un vrai défi pour les représentants des courants nouveaux de l'art théâtral polonais. Toutes les créations suivantes des
AÏeux tiendront bien évidemment compte de la conception de Wyspianski. La mise en scène des
AÏeux était pour Wyspianski le point de départ pour créer son propre spectacle, un moyen d'entreprendre la discussion avec l'œuvre de Mickiewicz. Elle constitue un exemple manifeste de sa méthode créatrice qui est un processus toujours ouvert. Wyspianski ne se lasse pas de poser des questions, à ses prédécesseurs comme à lui-même. Aussi, ses oeuvres sont-elles remplies d'évocations intertextuelles. Il puise dans les oeuvres d'autres auteurs, il les transforme et les intègre dans son discours. Il traite de la même façon ses propres textes: il les transforme et les réécrit sans cesse. L'univers artistique de Wyspianski est constamment en mouvement: l'artiste sait que tout ce qui est établi, finit par se figer, et soumet son théâtre à une vérification constante. Le thème principal dans le théâtre de Wyspianski est la liberté de l'individu. Dans ses drames, il la met constamment à l'épreuve, en vue de démasquer tout mécanisme susceptible de l'entraver. L'attitude créatrice de Wyspianski trouva sa pleine expression dans le théâtre, dans la mesure où toute création d'un spectacle théâtral consiste à mettre à l'épreuve le texte existant du drame et à le libérer des formules figées qui le contraignent. De plus, le théâtre permit à l'artiste de confronter sur scène des phénomènes qui dans la réalité sont très éloignés, qui appartiennent aux courants intellectuels ou artistiques différents, voire qui relèvent de diverses domaines artistiques.
Le même dialogue se poursuivit dans le drame
WYZWOLENIE / Libération, publié en janvier 1903. Son héros principal est Konrad des
AÏeux de Mickiewicz. Lors de la création du drame, le 28 février, le rôle de Konrad fut interprété par Andrzej Mielewski, l'acteur qui avait joué ce personnage dans l'adaptation des
AÏeux. Le drame, dont l'action se situe sur la scène d'un théâtre cracovien, est une réflexion sur le rôle de l'art théâtral, sur la mission de former la société moderne que le théâtre est appelé à remplir. En établissant le projet de la mise en scène de sa pièce, Wyspianski renonça à l'illusion scénique pour mettre à nu le mécanisme de création du spectacle, "dénuder la scène" en la dépouillant de tout décor trompeur. Ainsi, il montra le tragique d'un théâtre incapable de s'arracher au cercle vicieux du jeu et de l'artificiel. Le sept mai de la même année, Wyspianski met en scène
BOLESLAW SMIALY / Boleslas le Hardi (le texte de la pièce fut édité en juillet). Le drame évoque les débuts de l'État polonais: il présente une synthèse symbolique des grands événements du XIIième siècle et la légende qu'ils avaient inspirée, en posant la question de savoir quels facteurs avaient déterminé le cours de l'histoire de la Pologne. Pour son spectacle, Wyspianski avait crée le décor dans le style folklorique de Cracovie et de Zakopane, ainsi que des costumes qui confèrent aux personnages un caractère monumental. Une telle manière de concevoir la silhouette d'un personnage, qui suggère une interprétation particulière du rôle, allait influencer profondément les recherches postérieures des créateurs du théâtre polonais, et trouver son épanouissement dans le théâtre de
Tadeusz Kantor. Le conflit opposant le roi Boleslaw le Hardi et le saint évêque Stanislaw réapparaît dans le drame
SKALKA, publié en 1907, mais qui ne fut pas mis en scène du vivant de son auteur. En juillet 1903, fut publiée une édition bilingue de l'
ILIADE, selon le projet graphique de Wyspianski et accompagnée de ses illustrations, avec la traduction polonaise en forme de paraphrase par
Juliusz Slowacki. En décembre de la même année Wyspianski signe le drame
ACHILLEIS, inspiré de l'épopée homérique.
En 1904, Wyspianski se voit refuser la participation aux travaux de restauration du Château de Wawel, quitté depuis peu par l'armée autrichienne qui y avait stationné. Ce fut un coup douloureux pour l'artiste, profondément fasciné par Wawel, endroit symbolique qu'il considérait comme incarnation de l'essence de la culture polonaise et de la civilisation européenne, un endroit où s'unissaient les traditions bibliques et antiques. Cette fascination trouve son expression dans le drame prophétique
AKROPOLIS (1904), ainsi que dans un plan d'aménagement de la colline de Wawel en tant que foyer spirituel, culturel et politique des Polonais, créé par Wyspianski en collaboration avec l'architecte Stanislaw Ekielski et intitulé "Akropolis. Pomysł zabudowania Wawelu / Acropolis. Une conception d'aménagement de Wawel" (Cracovie 1908). Les controverses autour du drame
AKROPOLIS entraînèrent un conflit entre le poète et le théâtre cracovien , de sorte que Wyspianski interdit d'y faire jouer ses pièces. En 1904 paraît
NOC LISTOPADOWA / La nuit de novembre, drame évoquant l'insurrection polonaise de 1831. En décembre 1904, suite aux entretiens avec l'acteur Kazimierz Kaminski, interprète du rôle de Stanczyk dans
WESELE, Wyspianski écrit "L'Étude sur Hamlet", ouvrage théorique sur les missions du théâtre (imprimé en 1905), auquel il intègre des fragments poétiques témoignant de sa fascination pour l'art scénique. Dans son livre, l'artiste donne l'exemple d'une lecture théâtrale du texte dramatique dans le cadre d'une société concrète au sein de laquelle le spectacle est créé, et propose des solutions scéniques détaillées. C'est ici qu'apparaît l'idée de situer l'action du drame shakespearien à Wawel. L'analyse de
HAMLET s'accompagne des réflexions sur le mystérieux processus qu'est la création du spectacle et sur les conséquences du double statut de l'acteur qui, grâce à la puissance de son art, est à même de démasquer le mensonge et la tromperie de ce même monde auquel le théâtre s'adresse. L'ouvrage de Wyspianski, un point de repère important pour les générations successives des hommes de théâtre polonais, servit d'inspiration à de nombreux ouvrages soulevant le problème de la nature du théâtre et de son rôle dans le monde contemporain (notamment celui de Stanislaw Brzozowski, ou encore de Tadeusz Micinski).
Au début de 1905, Wyspianski se présenta au concours pour le poste de directeur du Théâtre municipal de Cracovie; il avait élaboré le répertoire et les plans des mises en scène. C'est à cette époque qu'il avait écrit la pièce
SMIERC OFELII / La mort d'Ophélie (publiée dans le périodique "Nowa Reforma" 1906, no 114). Le conseil municipal de la ville de Cracovie rejeta la candidature de Wyspianski, et confia la direction du théâtre à Ludwik Solski. Suite au changement de la direction du théâtre, Wyspianski leva l'interdit concernant la présentation de ses pièces, mais il n'y réalisa plus jamais de nouvelle création. En mai 1905, Wyspianski fut élu membre du Conseil municipal de la ville de Cracovie. À partir de septembre 1905, l'état de santé de l'artiste commence à se détériorer brusquement. Il continue néanmoins à travailler sur les drames
SEDZIOWIE / Les juges (1907),
POWROT ODYSA / Le retour d'Ulysse (1907) et sur la traduction du
CID de Pierre Corneille (1907, création le 26 octobre 1907). En 1906 l'artiste s'installe à Wegrzece, village situé près de Cracovie. Durant les derniers mois de sa vie, Wyspianski écrit le drame
ZYGMUNT AUGUST, dont les scènes successives sont publiées dans des périodiques. L'artiste laissa, en manuscrit, des fragments de scènes dramatiques consacrées à des personnages historiques. Pour l'anniversaire de la mort de Wyspianski, le Théâtre de Cracovie réalise la création du drame
LEGION. Le spectacle constitue pourtant l'exacte opposé des idées modernes du poète. À travers ses maladresses, il témoigne de l'importance des conceptions de Wyspianski relatives à la scénographie et à la mise en scène, et de son habilité de les mettre en réalisation.
Sitôt après la mort du poète, ses amis et les connaisseurs de son oeuvre entreprirent la rédaction des manuscrits qu'il avait laissé, ainsi que la préparation d'une édition critique de ses oeuvres complètes. Adam Chmiel et Tadeusz Sinko, avec la collaboration de Leon Ploszewski, mirent à point la première édition intitulée "Dziela", volumes I -VIII, Varsovie 1924-1932. Cette édition fut suivie par une deuxième, sous la rédaction de Ploszewski: "Dziela zebrane", volumes I-XVI (y compris la bibliographie et un "Calendrier de la vie et de l'œuvre", Cracovie, 1958-1995). À cette édition vint s'ajouter un recueil de correspondance de l'artiste, volumes I - IV, Cracovie 1979-1998. Les spécialistes de l'œuvre de Wyspianski, conscients de l'originalité de la vision scénique de l'artiste, firent publier, indépendamment des éditions du texte, une documentation de la création du spectacle: "Wesele. Texte et mise en scène de1901", sous la rédaction de J. Got, Varsovie 1977. Le rôle tout particulier de
WESELE dans la culture polonaise est confirmé par la publication exceptionnelle: "Encyclopédie de 'Wesele' de Stanislaw Wyspianski", Cracovie 2001.
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| Stanislaw Wyspianski, "Portrait de Wanda Siemaszkowa dans le costume de la Jeune Mariée de WESELE", 1901, pastel sur papier, photo par Tomasz Szemalikowski |
WESELE est considéré comme le plus important et le meilleur drame polonais du XXième siècle. Les symboles qu'il véhicule s'inscrivirent durablement dans le langage décrivant les comportements collectifs des Polonais, comme "la corne dorée", métaphore des espoirs perdus et des chances manquées, ou encore "la danse des paillassons", symbole d'un envoûtement néfaste, engourdissant, par des idées fallacieuses. Les mêmes symboles sont par la suite évoqués dans de nombreuses oeuvres littéraires, scéniques et cinématographiques, telle la scène de la polonaise dans le film d'
Andrzej Wajda CENDRE et DIAMANT. Le réalisateur tourne en 1973 une version cinématographique des
Noces, grâce à laquelle l'œuvre de Wyspianski put être connue d'un nombre beaucoup plus grand de spectateurs, en Pologne aussi bien qu'à l'étranger.
La vision du théâtre de Wyspianski servit d'inspiration à tous les grands metteurs en scène polonais du XXième siècle. Leon Schiller le considérait comme précurseur de la conception du théâtre monumental. En 1909, Schiller publia dans le périodique "The Mask" sous la rédaction de Gordon Craig, l'article "The new Theater in Poland: Stanislaw Wyspianski". Ainsi fit-il connaître l'artiste cracovien et son oeuvre dans le cercle européen des réformateurs du théâtre. En 1937, Schiller prononce un discours-programme "Théâtre monumental", dans lequel il parle de Wyspianski et de son art. Huit ans auparavant, Schiller entreprit la reconstruction de la première mise en scène du drame
BOLESLAW SMIALY, à partir de l'exemplaire du metteur en scène et des projets de scénographie conservés: il la considère comme un excellent exemple de la modernité au théâtre. Encore avant, en 1925, il prépare la première mise en scène d'
ACHILLEIS, dans la scénographie formiste créée par Andrzej et Zbigniew Pronaszko. La réflexion de Wyspianski sur le rôle et la grandeur de l'art scénique fut continuée par Juliusz Osterwa, "L'Étude sur Hamlet" fut lue et analysée au théâtre Reduta; les réalisation postérieures de ce texte, entreprises par Jacek Woszczerowicz, disciple de Reduta, furent issues de cette tradition. Les idées de Wyspianski constituent également l'une des plus importantes inspirations du théâtre de Tadeusz Kantor. En 1944 l'artiste monta clandestinement, dans un appartement particulier, le spectacle
POWROT ODYSA. Il évoqua les motifs de cette pièce dans ses manifestes et ses textes théoriques, il les inséra dans ses spectacles suivants. Ils apparaissent le plus nettement dans
NIGDY TU JUZ NIE POWROCE , spectacle dont la création eut lieu le 23 avril 1988 à Milan.
Les idées de Wyspianski marquèrent aussi
Jerzy Grotowski et Teatr Laboratorium de Opole et de Wrocław. Dans ses recherches de l'essence du théâtre et d'une conception nouvelle de l'art scénique, Grotowski s'inspirait des expériences du théâtre Reduta, continuateur de l'oeuvre de Wyspianski. C'est là que fut réalisé la mise en scène de
HAMLET sur la base de "L'Étude sur Hamlet" de Wyspianski (1964). Avant cette date, Teatr Laboratorium réalisa le spectacle
AKROPOLIS (première version en 1962 et la dernière, cinquième, en 1967). Grotowski donne une interprétation profonde à l'idée de Wyspianski, qui avait mis au centre de sa pièce la recherche de principaux éléments de la tradition européenne présents à Wawel, et situe l'action du drame au camp de concentration d'Auschwitz. À l'exemple de Wyspianski, il ne se contente pas de créer une oeuvre figée, fermée. Au contraire, il la transforme constamment pour l'empêcher de se pétrifier. Un suivant interprète créatif et fidèle des drames de Wyspianski, Konrad Swinarski, mit en scène
KLATWA et
SEDZIOWIE. Les pièces furent montrées à
Stary Teatr de Cracovie dans le cadre d'un même spectacle, dont la création eut lieu le premier décembre1968. Ensuite, fidèle à la logique de Wyspianski, un an après sa propre mise en scène des
AÏEUX (1973) il réalise
WYZWOLENIE. Dans les deux spectacles, le rôle de Konrad fut interprété par Jerzy Trela. Les idées de Wyspianski sont également à retrouver dans les spectacles théâtraux d'
Andrzej Wajda, qui mit en scène
WESELE plusieurs fois; un des spectacles fut en allemand, avec la participation des acteurs allemands, sa création eut lieu le 27 juillet 1992 dans le cadre de
SALZBURGER FESTSPIELE. Wajda réalisa également
NOC LISTOPADOWA; le spectacle, mis en scène en 1974 à
Stary Teatr de Cracovie, fut ensuite déplacé en plein air et joué au Parc Lazienkowski, véritable endroit où étaient advenus les événements dont parle le drame. Le spectacle fut filmé pour Teatr Telewizji (le théâtre télévisé). Ainsi, Wajda réalisa le rêve de Wyspianski sur un théâtre qui fait appel à des endroits authentiques, riches en signification. L'héritage de Wyspianski marqua également les mises en scène successives de
HAMLET réalisées par Wajda, surtout la dernière, celle du Stary Teatr du 30 juin 1989 avec Teresa Budzisz-Krzyzanowska dans le rôle-titre. Une approche très originale de la conception de l'espace scénique et de la tradition conçue par Wyspianski fut développée par Jerzy Grzegorzewski, qui, de même que son prédécesseur, introduisait dans ses spectacles des évocations des oeuvres d'art plastique, littéraire et cinématographique, qu'il considérait de grande importance. Ses deux mises en scène des
AÏEUX dénotent de profondes influences des motifs de Wyspianski. Il réalisa trois mises en scène de
WESELE - la création de la dernière eut lieu le 30 janvier 2000 à Teatr Narodowy de Varsovie. Le 28 septembre 2003 il réalisa au même théâtre une adaptation scénique troublante de "L'Étude sur Hamlet". Le dernier spectacle de Grzegorzewski
ON. DRUGI POWRÓT ODYSA / Lui. Le second retour d'Ulysse (29 janvier 2005), est une voix dans le dialogue avec la conception de l'art de Wyspianski, avec ses réflexions sur la précarité de la vie et sur la mort. En tant que directeur de la Scène Nationale, Grzegorzewski démontra l'importance de puiser dans les traditions les plus fertiles et créatives pour construire le théâtre polonais moderne. L'expérience centenaire du théâtre polonais du XXième siècle preuve que Wyspianski en est un pilier irremplaçable.
Bibliographie: O. Ortwin, "O Wyspianskim i dramacie", réd. J. Czachowska, Varsovie 1969; S. Kolaczkowski, "Wyspianski. Kasprowicz. Przeglady", réd. S.Pigon, Varsovie 1968; T. Makowiecki, "Poeta-malarz. Studium o Stanislawie Wyspianskim", Varsovie 1969; T. Terlecki, "Stanislaw Wyspianski", Boston 1983; "Pamietnik Teatralny" 1957 no 3-4; "Stanislaw Wyspianski. Studium artysty", réd. E. Miodonska-Brookes, Cracovie 1996; "Magia 'Wesela' " , réd. J. Michalik et A. Stafiej, Cracovie 2003, M. Prussak, "Wyspianski w labiryncie teatru", Varsovie 2005.
Reproduction du PORTRAIT DE WANDA SIEMASZKOWA est publiée grâce à la gentillesse du Muzeum Gornoslaskie de Bytom.
CALENDRIER DE LA VIE ET DE L'OEUVRE DE STANISLAW WYSPIANSKI
1869
Stanislaw Mateusz Ignacy Wyspianski naît le 15 janvier 1869 à Cracovie, dans la famille de Franciszek Wyspianski et de Maria Wyspianska née Rogowska.
1873
La famille Wyspianski s'installe au pied de Wawel, dans la maison de Dlugosz, 25, rue Kanoniczna, où Franciszek tient son atelier de sculpteur.
1875
Stanislaw Wyspianski entre à l'école primaire qui se trouve au Palais Larisch dans la rue Franciszkanska.
1876
Maria Wyspianska, mère de Stanislaw meure le 18 août1876.
1879
Stanislaw poursuit son éducation au Collège Sainte Anne sous le patronat de Collegium Nowodworskie; son premier carnet de croquis témoigne des prémices d'une grande passion pour la peinture.
1880
Le collégien, orphelin de mère, s'installe chez sa tente, Joanna Stankiewiczowa, sœur de Maria Wyspianska. Avec son mari, celle-là se charge de la garde de l'enfant. Wyspianski habite chez eux dans la rue Kopernika, ensuite dans la rue Zacisze. Jan Matejko, un ami des Stankiewicz, donne au jeune Wyspianski les premières leçons de peinture.
1884
En raison de son talent plastique, Wyspianski est admis à la Section du dessin à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie comme auditeur libre.
1887
Après le bac, Wyspianski fait son premier voyage personnel en Galicie de l'Est; c'est là qu'il connaît les premières expériences et déceptions artistiques. Il visite Lvov, Drohobych, Rohatyn, Stanislvov, Bohorodczany, Halitch, il fait des croquis de monuments historiques et il note ses impressions.
Au mois d'octobre, il entre à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, à la Section de dessin, en tant qu'étudiant régulier. Parallèlement, il entreprend les études à la Faculté de philosophie de l'Université Jagellonne, il se concentre sur l'histoire de l'art et sur l'histoire antique. Il participe activement aux activités scientifiques et aux recherches menées par l'établissement.
1889
Wyspianski se voit attribuer une bourse du Président de la ville de Cracovie et de la Section Nationale en vue d'entreprendre des études à l'étranger. Sous la direction du professeur Wladyslaw Luszczkiewicz, le jeune étudiant fait une excursion artistique dans la région des Carpates; il en rapporte, hormis les dessins des monuments qu'il avait visités, la statue de Notre Damme de Kruzlowa, datant du gothique tardif. L'étudiant offre la statue au Musée National. À l'instigation de Jan Matejko, Wyspianski s'engage à la basilique Notre Dame de Cracovie en tant qu'aide technique et exécuteur des motifs de la polychromie murale.
1890
De mars à septembre, Wyspianski fait un voyage artistique en Europe, sur les traces de l'art médiéval. Il retrace ses découvertes dans des carnets à croquis et dans les lettres qu'il écrit à des amis.
1891
En mai, Wyspianski entre à l'Académie Colarossi à Paris. Parallèlement, il prépare le projet des décors pour Rudolfinum de Prague. Le jeune artiste porte également son intérêt sur le théâtre: il écrit le drame
DANIEL.
1892
Wyspianski séjourne à Paris jusqu'en septembre. En collaboration avec
Jozef Mehoffer, il produit les cartons pour les vitraux de l'église Notre-Dame à Cracovie. De même que Mehoffer, Wyspianski fait un projet de rideau théâtral pour le concours organisé par le Théâtre municipal de Cracovie. Il écrit le drame
WANDA et commence la composition de
LEGENDA I.
En octobre, Wyspianski se rend à Lvov. Il réalise les cartons pour le concours de vitraux pour la cathédrale. L'artiste continue son activité picturale; il entretient également une riche correspondance.
1893
De février à octobre Wyspianski fait un second séjour à Paris. Il fait le carton des vitraux
SLUBY JANA KAZIMIERZA / Voeux de Jan Kazimierz et
POLONIA. Il porte son intérêt sur l'opéra. Il crée le drame
KROLOWA KORONY POLSKIEJ / Reine de la couronne polonaise et la première version de
WARSZAWIANKA.
1894
À partir du mois de mars il séjourne pour la troisième fois à Paris. Il peint les paysages de la ville à l'huile, mais il tend de plus en plus vers la technique du pastel. Il crée des portraits, des nues, des études de décors en pastel. Il commence à travailler sur le drame
MELEAGER.
En septembre, de retour à Cracovie, Wyspianski fait ses adieux à la peinture à l'huile en créant trois paysages d'une Cracovie automnale:
Z ZACISZA NA TEATR MIEJSKI,
BARBAKAN et
PLANTY Z WIDOKIEM NA WAWEL.
1895
Le jeune artiste obtient son premier grand contrat: réalisation de la polychromie pour l'église des Pères Franciscains à Cracovie.
À la même époque il fait un projet de rénovation des vitraux médiévaux sauvés de l'incendie de l'église des Dominicains de Cracovie.
Avec sa tante Stankiewiczowa, devenue veuve, l'artiste s'installe à l'immeuble des Grabowski dans la rue Poselska, dans un appartement avec vue sur la coupole de l'église Saints Pierre et Paul.
Naissance de la fille aînée de l'artiste, Helena, dite Helenka (décédée en 1971).
1896
Projet et réalisation de la polychromie murale à l'église des Pères Franciscains.
Début de travail de documentation de la polychromie de l'intérieur de l'église Sainte-Croix de Cracovie.
Création des illustrations pour le premier chant de l'
ILIADE de Homère.
Exécution de la documentation des intérieurs du château de Wawel.
1897
Wyspianski continue les travaux à l'église Sainte-Croix. Il élabore des copies de l'ancienne polychromie à l'échelle de 1:1.
L'artiste obtient un suivant contrat, cette fois-ci il s'agit des vitraux pour les huit fenêtres de l'église des Pères Franciscains. Il fait des cartons de vitraux intitulés:
BOG OJCIEC - STAN SIE / Dieu le Père,
CZTERY ZYWIOLY / Les quatre éléments,
BLOGOSLAWIONA SALOMEA / La bienheureuse Salomé,
STYGMATYZACJA SW. FRANCISZKA / Stigmatisation de Saint François. Ces vitraux remportent un prix à l'exposition de l'art religieux à Cracovie.
Wyspianski participe à la fondation de l'Association des Artistes Polonais "Sztuka". Il y expose ses oeuvres.
L'artiste commence la création du drame
PROTESILAS I LAODAMIA, et achève les pièces
MELEAGER et
LEGENDA I.
Il commence à collaborer avec l'hebdomadaire "Zycie".
1898/1899
En février Wyspianski participe à l'exposition-concours organisé par l'Association de l'encouragement des beaux-arts Zachęta de Varsovie. C'est son unique séjour dans cette ville.
L'artiste devient directeur artistique de l'hebdomadaire "Zycie". Il collabore avec Stanislaw Przybyszewski.
Publication des drames:
MELEAGER,
LELEWEL,
PROTESILAS I LAODAMIA,
KLATWA aux frais de l'auteur.
Wyspianski met en scène
APOTEOZA KU CZCI ADAMA MICKIEWICZA / Apothéose d'Adam Mickiewicz au Théâtre municipal de Cracovie. Il participe activement à la vie de la bohème cracovienne: il peint les portraits des artistes de ce milieu.
WARSZAWIANKA dans la mise en scène de Ludwik Solski est réalisée au Théâtre municipal par le directeur Tadeusz Pawlikowski.
Création du projet de l'affiche pour le poème de M. Maeterlinck
WNETRZE / Interieur.
L'artiste loue un atelier près de l'église Notre-Dame à Cracovie. Il peint des vues de la ville.
Naissance du deuxième enfant de l'artiste, Mieczysław, dit Mietek (décédé en 1921).
1900
Début du travail sur les projets des vitraux de la cathédrale de Wawel.
Publication des poèmes:
KAZIMIERZ WIELKI et
BOLESLAW SMIALY.
Wyspianski épouse la mère de ses enfants, Teodora Teofila Pytko, le 18 septembre 1900.
1901
L'artiste s'installe avec sa famille au 157, rue Krowoderska. Il y arrange son "atelier saphir".
Il écrit le drame
WESELE (l'avant première eut lieu à Cracovie le 16 mars),
NOC LISTOPADOWA et
LEGENDA II.
L'artiste met en scène
LES AÏEUX d'
Adam Mickiewicz (création a lieu le 31 octobre à Cracovie).
Naissance du dernier enfant de l'artiste, Stanislaw dit Stas (décédé en 1967).
1902
Travail sur la composition des pièces de théâtre:
WYZWOLENIE,
BOLESLAW SMIALY.
Wyspianski entreprend le travail à l'Académie des Beaux-Arts de Cracovie, au poste de professeur agrégé à la Faculté de l'art décoratif et religieux.
En août, l'artiste fait une excursion dans les Tatras. C'est la seul fois qu'il visite cette région.
En tant que membre du groupe "Sztuka" l'artiste participe à la quinzième exposition de l'"Art nouveau" à Vienne.
Création de la première eau-forte du cycle
WIDOK NA KOPIEC / Vue sur le tertre.
1903
Avant-première de
WYZWOLENIE, le 28 février 1903.
Les cartons pour les vitraux de la cathédrale de Wawel sont exposés à Varsovie, lors de la quatrième exposition de l'Association Zachęta, ensuite à Vilnus.
Travail sur la composition des drames:
ACHILLEIS et
AKROPOLIS.
L'avant-première du drame
PROTESILAS I LAODAMIA, avec Helena Modrzejewska dans le rôle de Laodamia, a lieu en avril à Cracovie.
En mai, l'avant-première du drame
BOLESLAW SMIALY , suivie de la première et la seule édition du texte.
En juin-juillet l'artiste fait une cure à la station thermale Rymanow-Zdroj. Il y écrit les poèmes:
GDY PRZYJDZIE MI TEN SWIAT PORZUCIC / Lorsqu'il me faudra quitter ce monde et
NIECH NIKT NAD GROBEM MI NIE PŁACZE / Sur ma tombe que personne ne pleure.
L'édition bilingue de l'
ILIADE de Homère avec les illustrations de Wyspianski est publiée à Lvov.
En septembre, l'artiste fait un voyage à Venise.
Détérioration de l'état de santé de l'artiste.
1904
Reprise des travaux à la création du vitrail
BOG OJCIEC pour l'église des Franciscains.
Publication d'
AKROPOLIS en mars. La seule édition de la pièce, du compte d'auteur.
En mai Wyspianski commence à écrire
RAPTULARZE.
Publication de
LEGENDA.
Le 9 juin, le Cheval de Zwierzyniec, dit Lajkonik, caracole à Cracovie en costume du cavalier tartare dessiné par Stanislaw Wyspianski. Depuis, Lajkonik apparaît toujours dans ce même costume.
Présentation des oeuvres de l'artiste dans le cadre de l'exposition des tableaux du groupe "Sztuka", lors de l'Exposition universelle à Düsseldorf.
En juillet l'artiste fait une cure à la station thérmale Bad-Hall en Autriche. Pendant son retour il visite Vienne.
Travail à la composition de
SKALKA.
Établissement des projets du décor de la Salle Boleslawowska pour l'exposition d'anniversaire de la TPSP (Association des Amis des Beaux-Arts), à Cracovie, au palais de l'Art - siège de l'Association.
Établissement des projets de l'arrangement des intérieurs de la Maison de l'Association des Médecins à Cracovie.
Établissement de la documentation des costumes pour la mise en scène du drame
BOLESLAW SMIALY - lalki bolesławowskie.
Commencement de la réalisation du vitrail
DIEU LE PÈRE à l'église des Franciscains selon le projet de Wyspianski.
Établissement des projets des intérieurs pour les Zelenski.
En novembre, création du carton pour le vitrail
APOLLO destiné à la Maison des Médecins.
Début des travaux sur la conception de l'aménagement de la colline de Wawel: Wawel-Akropolis.
En décembre, l'artiste réalise quelques vues du Tertre de Kościuszko.
Travail à la composition de "Studium o Hamlecie".
1905
Les oeuvres de l'artiste sont présentées lors de l'exposition de l'imprimerie organisée par les soins de l'Association de l'art appliqué polonais.
Exposition individuelle des oeuvres de Wyspianski au Palais de l'Art à Cracovie.
Publication de l'"Studium o Hamlecie".
Travail à la composition de
POWROT ODYSA.
En janvier et février l'artiste réalise un cycle des vues du Tertre, appelé aussi
KRONIKA KILKU DNI / Chronique de quelques jours.
L'artiste se présente au concours pour le poste du directeur du théâtre cracovien.
Rencontres avec Jozef Pilsudski, Stefan Zeromski, Władyslaw Reymont.
Continuation des travaux sur la conception Wawel-Akropolis en collaboration avec l'architecte Ekielski.
En mars et avril l'artiste participe, avec le groupe"Sztuka", à la 23ième exposition de l'"Art nouveau" à Vienne.
Correspondance avec le critique littéraire Stanisław Lacek.
Les tableaux de Wyspianski présentés aux expositions de Munich et de Dresde.
Réalisation du vitrail
Apollo entravé pour la Maison des Médecins.
Wyspianski devient conseiller municipal.
Détérioration de l'état de santé de l'artiste; cure à la station thermale Bad-Hall.
Travail à la composition de
SKALKA.
Traduction du
CID de Corneille.
Création des poèmes:
POCIECHO MOJA TY KSIAZECZKO et
O KOCHAM KRAKOW.
1906
Dégradation de l'état de santé de l'artiste.
Traduction du cinquième acte de
ZAIRA de Voltaire.
L'artiste obtient le prix Probus Barczewski de l'Académie des Connaissances pour le cycle des vues du Tertre de Kosciuszko (2 250 couronnes)
La revue "Chimera" publie l'hymne
VENI CREATOR créé par l'artiste en 1905.
En septembre l'artiste s'installe avec sa famille à Wegrzce près de Cracovie, où il vient d'acheter une exploitation agricole.
Publication de
SKALKA.
Jozef Kotarbinski publie une étude sur Wyspianski; sa traduction pour la "Revue Slave" est assurée par E.L. Wagner.
1907
Dans la Grande Pologne, les autorités prussiens interdisent les drames de Wyspianski.
Publication de
POWROT ODYSA.
Les oeuvres de l'artiste sont présentées à l'exposition TPSP à Cracovie.
Wyspianski écrit le manuscrit des scènes des drames
ZYGMUNT AUGUST,
ZGON BARBARY RADZIWIŁLLOWNY.
Malgré la dégradation progressive de son état de santé, l'artiste continue à travailler avec persévérance.
Publication du drame
SEDZIOWIE.
Les drames de Wyspianski sont joués sur tout le territoire de la Pologne partagée entre la Russie, la Prusse et l'Autriche:
WESELE à Vilnius et Sosnowiec et
BOLESLAW SMIALY à Varsovie.
L'artiste reçoit les dernières visites à Wegrzce:
Mehoffer, Reymont, Staff.
Avec l'aide de la tante Stankiewiczowa, Wyspianski entreprend la dernière sélection de ses oeuvres.
Wyspianski est transporté à l'infirmerie dans la rue Siemiradzkiego à Cracovie.
Il meurt le 28 novembre 1907.
Les funérailles solennelles de l'artiste, aux frais de la ville, ont lieu le 2 décembre. La dépouille mortelle de Wyspianski repose dans la crypte des grands hommes à l'église de Skalka.
Marta Romanowska fragment de l'ouvrage "Stanislaw Wyspianski 1869-1907" 2001 | |