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Anthologie de la poésie polonaise



l'Année de Jerzy Giedroyc l'Année 1956

02.09.2010

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biographies
arts visuels
WŁADYSŁAW ŚLEWIŃSKI
langues:  polski  français 
Peintre de l’Ecole de Pont Aven, représentant du postimpressionnisme. Né en 1854 à Bialynin sur Pilica, mort en 1918 à Paris.

Un des postimpressionnistes polonais les plus éminents, fortement attaché à l’Ecole de Pont Avent, ami de Paul Gauguin. Né dans une famille terrienne, il a commencé les études agricoles en vue de travailler dans les propriétés de son père. Pendant une courte période il a fréquenté l’Ecole de Dessins W. Gerson à Varsovie. Il a complètement échoué la gestion de la propriété Pilaszkowice héritée de sa mère et il est parti en 1888 pour Paris, en échappant du séquestre de l’Office Fiscal; il a habité avec le peintre Zygmunt Andrychiewicz, qui était devenu son premier mentor dans le domaine de l’art. Il a commencé les études de peinture à l’Académie Julian, plus tard il a étudié pendant deux ans à l’Académie Colarossi. Probablement il a connu Gauguin déjà en 1888, ils ont fréquenté ensemble le restaurant "Chez Madame Charlotte" dans lequel se réunissaient les élites artistiques et intellectuelles de Paris, ils ont rencontré là, entre autres, Auguste Strindberg et Alphonse Mucha, et des polonais Zenon Przesmycki, Stanislaw Wyspianski, Jozef Mehoffer et Karol Maszkowski. Au Café Volpini Slewinski avait connu les principes de la théorie postimpressionniste de Gauguin, appelée synthétisme. Dans les années 1889-1896 il a peint à Pont-Aven en Bretagne, il faisait partie de la colonie artistique groupée autour du créateur de l’esthétique de cloisonnisme. En 1896 Slewinski s’était installé au Bas Pouldu voisin. En 1897 il s’est associé à la Société des Artistes Polonais "Art" récemment fondée à Cracovie qui regroupait les artistes polonais les plus éminents. En 1898 il a fait un voyage en Espagne avec sa future femme, peintre russe Eugenia Shevtsova. En 1905 il est arrive à Varsovie où il y a eu une exposition individuelle de ses œuvres. Ensuite il a séjourné à Cracovie et depuis 1906 à Poronin. A Zakopane il a entamé des contacts avec les élites intellectuelles locales, entre autre avec Stanislaw Witkiewicz, Leopold Staff et Jan Kasprowicz. A cette époque ses oeuvres ont eu une influence particulièrement forte sur la position artistique de Stanislaw Ignacy Witkiewicz (Witkacy) et Tymon Niesiolowski.

Entre 1907 et 1908 il a visité Munich où il s’est associé à Kunstverein. En1908 Slewinski a pris le poste de professeur à l’Ecole des Beaux-Arts à Varsovie auquel il a renoncé peu après et il a ouvert dans son atelier rue Polna sa propre école. Il cherchait de nouveaux motifs pour sa peinture à Poronin et à Kazimierz Dolny où il allait avec ses étudiants pour les pleins-airs. En 1910 il a quitté le pays et il s’est installé définitivement à Doëlan en Bretagne où il recevait des visites, entre autres de Witkacy et de Tadeusz Makowski. Il a activement participé aux expositions polonaises, il a présenté ses œuvres à la Société des Amis des Beaux-Arts de Cracovie et de Lvov, en tant que membre de la TAP "SZTUKA" / TAP "ART" il a participé aux plusieurs expositions de ce groupe. Il a exposé à Paris depuis 1895, il a débuté au Salon des Indépendants, en 1909 il a montré ses travaux à Vienne. En Pologne il a exposé son œuvre à Varsovie (1897, 1910-1912), à Lvov (1897, 1911-1913) et à Cracovie (1913, 1914, 1916). Des expositions individuelles de l’œuvre de Slewinski ont eu lieu à Paris (1897, 1898, 1914), à Varsovie (1905, 1909), à Cracovie (1906) et à Lvov (1907).

L’œuvre de Slewinski s’est formée sous l’influence de l’œuvre postimpressionniste de Gauguin bien que l’artiste ait assimilé seulement jusqu’au certain point les principes de synthétisme et de cloisonnisme de l’Ecole de Pont-Avent, il a créé sa propre formule originelle de symbolisation. Il faisait ressortir les formes avec une tâche chromatique plate contournée d’une ligne souple et découpée, et gardant des couleurs subtiles et des touches de pinceau fluentes, il synthétisait les formes en saisissant les traits essentiels des objets et des paysages. Il unissait habilement la simplicité avec la valeur décorative. Il harmonisait avec maîtrise la gamme de couleurs éteintes, en créant des compositions chromatiques raffinées (MASKA I KSIAZKI / LE MASQUE ET LES LIVRES, vers 1897); il animait le marron, le gris et le vert déteints avec des accents sonores du rouge, du jaune et du mauve saturés (DZBAN Z CYNIAMI NA CZERWONEJ SERWECIE / LA CRUCHE AUX ZINNIAS SUR NAPPE ROUGE, vers 1900; KWIATY CZERWONE, ZOLTE I JABLKA / LES FLEURS ROUGES, JAUNES ET DES POMMES, vers 1903). Il fondait les bleus de la mer avec les tonalités terreuses des roches littorales (MORZE W DOËLAN / LA MER A DOËLAN, vers 1910); il modulait à sa guise les tonalités de la neige (PEJZAZ GORSKI W SNIEGU / LE PAYSAGE MONTAGNEUX SOUS LA NEIGE, vers 1908; SNIEG W GORACH / LA NEIGE DANS LA MONTAGNE, vers 1907). Dans les natures mortes dont les "personnages principaux" étaient de simples cruches en argile avec des bouquets de fleurs de champs ou des jattes aux fruits il créait une ambiance de repli et de réflexion sur l’existence taciturne des objets, une atmosphère de contemplation de leurs êtres secrets. (MARTWA NATURA Z ZIELONA FILIZANKA / NATURE MORTE A LA TASSE VERTE, vers 1899; MARTWA NATURA Z KWIATAMI I OWOCAMI / NATURE MORTE AUX FLEURS ET FRUITS, vers 1889; CZERWONY HIACYNT I JABLKA / JACINTHE ROUGE ET POMMES, vers 1905). La poétique de la "simplicité extraordinaire" est soulignée dans les tableaux de Slewinski par les rideaux et les nappes aux décors japonais qui témoignent de sa fascination pour l’art oriental, très repandue parmi les avant-gardistes de Paris à l’époque de la fin du siècle. (PIWONIE / LES PIVOINES, 1906). Slewinski a adopté de Gauguin, qui est resté pour lui l’autorité artistique jusqu'à la fin de sa vie, le concept de "primitivisme". Il a rapporté l’idée de l’art qui puise dans les sources de la culture médiévale, qui pénètre les zones marginales des civilisations exotiques pour chercher l’expression authentique et le sens symbolique aux régions de la Bretagne, de Podhale et de Kazimierz sur Vistule; il a peint ici des gens simples, des paysans (DWIE BRETONKI Z KOSZEM JABLEK / DEUX BRETONNES AU PANIER DES POMMES, vers 1897; GLOWA BRETONKI Z QUIMPERLE / TETE D’UNE BRETONNE DE QUIMPERLE, vers 1903) et des montagnards (GORALCZYK / PETIT MONTAGNARD, vers. 1909; STARY GORAL / VIEUX MONTAGNARD, vers 1907), ici il a stylisé les paysages, les vues de la mer (SAMOTNA SKALA W MORZU / UNE ROCHE SOLITAIRE DANS LA MER, 1907; WZBURZONA WODA MORZA / LES EAUX AGITEES DE LA MER, 1909), des montagnes (PEJZAZ TATRZANSKI Z PORONINA / PAYSAGE DES TATRAS VUS DE PORONIN, vers 1908; TATRY / LES TATRAS, vers 1907), des lacs (JEZIORO W GORACH. CZARNY STAW / UN LAC DANS LA MONTAGNE. LE LAC NOIR, vers 1909; LE LAC DE MORSKIE OKO, 1910) et des maisons de la campagne (CHALUPY W SNIEGU / LES CABANES DANS LA NEIGE, vers 1907; DOMY W KAZIMIERZU / LES MAISONS DE KAZIMIERZ, vers 1908). Les portraits des enfants des montagnards, ascétiques du point de vue des moyens utilisés - des personnages figés comme des objets en nature morte, regardant d’une façon hypnotique le spectateur - ils évoquent une atmosphère lyrique et poétique (SIEROTA Z PORONINA / UN ORPHELIN DE PORONIN, 1906; WIEJSKA DZIEWCZYNKA W ZOLTEJ CHUSTCE / UNE PETITE PAYSANNE AU FOULARD JAUNE, vers 1907). Dans les tableaux peints par Slewinski pendant la phase précoce on trouve également des réminiscences de l’art de E. Degas et H. Toulouse-Lautrec (KOBIETA Z RUDYMI WLOSAMI / UNE FEMME AUX CHEVEUX ROUX, vers 1896; CZESZACA SIE KOBIETA / UNE FEMME SE PEIGNANT LES CHEVEUX, 1897) et du groupe des symbolistes de Paris, les Nabis (SPIACA KOBIETA Z KOTEM / UNE FEMME DORMANT AVEC UN CHAT, vers 1896).

Irena Kossowska
Instytut Sztuki Polskiej Akademii Nauk
avril 2003
 

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