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Anthologie de la poésie polonaise



l'Année de Jerzy Giedroyc l'Année 1956

02.09.2010

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biographies
arts visuels
TADEUSZ MAKOWSKI
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Peintre, dessinateur et graphiste polonais actif depuis 1908 à Paris, auteur des textes du domaine de l’histoire de l’art. Né en 1882 à Oswiecim, mort en 1932 à Paris.

Dans les années 1902-1906 il a fait des études de philologie à la Faculté de Philosophie de l’Université Jagiellonne. Parallèlement, depuis 1903 il a fréquenté les cours à l’Académie des Beaux-Arts cracovienne en étudiant sou la direction de Jozef Unierzyski, Jan Stanislawski et Jozef Mehoffer. Il a terminé son éducation artistique avec distinction en 1908. En 1907 et 1908 il a voyagé en Italie et en 1907 et 1912 il a visité Kiev. A la charnière de 1908 et 1909 il a entrepris en voyage à Paris en passant par Munich avec l’intention de continuer les études. Il est resté à Paris jusqu’à la fin de sa vie. Il s’est approché au cercle des artistes concentrés autour de Henry Le Fauconnier; il a connu entre autres Albert Gleizes, Jean Metzinger, Fernand Léger, Alexandre Archipenko, Piet Mondrian et Guillaume Apollinaire. Pendant la période 1914-1915 il a séjourné en Bretagne où il a habité au début chez Wladyslaw Slewinski à Doëlan, après il s’était installé au village Le Pouldu. En 1921 il est parti au Pays-Bas, en 1932 il a visité de nouveau le Pays-Bas et il a voyagé en Belgique.

Makowski était membre de la Société des Artistes Polonais à Paris. Il a participé aux Salons parisiens: Indépendants (1912-14, 1921-1923, 1925-26, 1930), Tuileries (1926-29), d’Automne (1924) et de L'Oeuvre Unique (1932). Il a présenté aussi ses œuvres à Stedelijk Museum à Amsterdam (1914) et au Club Artistique Polonais à Varsovie (1924). Il a participé aux expositions de l’art polonais à Barcelone (1912) et à Paris (1914, 1927, 1929, 1930) et à l’exposition organisée par la Société de Propagation de l’Art Polonais à l’Etranger à Vienne et à Budapest (1928). Il a eu des expositions individuelles aux galeries parisiennes: Chéron (1921) et Berthe Weill (1927, 1928).

Son style artistique se formait au début sous l’influence de la peinture paysagiste symboliste de Stanislawski. Mehoffer lui avait transmis la façon de comprendre le dessin comme un moyen d’expression et le goût pour la stylistique décorative de sécession. Son intérêt pour les décors théâtraux a trouvé son expression dans l’élaboration des marionnettes pour le cabaret cracovien "Zielony Balonik (Le Ballon Vert)". A Paris l’artiste était fasciné par l’œuvre classiciste symbolique de Puvis de Chavannes. Vers 1911 il a adopté du Fauconnier et des cubistes la construction compacte du tableau et la façon de traiter les formes géométriquement; cependant il faisait ressortir la forme par le modelage en clair-obscur et par un contour prononcé. Il a créé à cette époque des natures mortes en gamme chromatique limitée et obscure. Dans les années 1913-1915 il a commencé à chercher l’inspiration dans la peinture des réalistes français - Camille Corot et Gustave Courbet. Vers 1915 il a abandonné définitivement la formule cubiste pour la formule basée sur l’expérience impressionniste du paysage éclairé. Pendant son séjour en Bretagne il a peint des paysages et des scènes de la vie des paysans maintenus dans la chaude tonalité des jaunes et du rouge; sa facture a pris de l’aspérité. Leur stylistique synthétique était influencée par la peinture de Slewinski, comme les compositions avec des bouquets de fleurs et les natures mortes. En 1918 dans la peinture de Makowski et apparu le motif clé pour son œuvre postérieure - l’enfant. L’artiste a commence à peindre des images lyriques des enfants dans des tonalités en pastels raffinés. Vers 1920 il a peint des paysages amples, inspirés par la peinture de Pieter Bruegel animés par le staffage et maintenus dans une chromatique mate avec prépondérance du marron et du vert.

Dans ses toiles de cette période sont lisibles les réminiscences de l’art naïf de Henri Rousseau - dit le Douanier. Makowski a peint sur des planches et des contre-plaqués de petit format des natures mortes de chromatique limitée et raffinée, basée sur le deux-temps de rose et de vert-émeraude, complétée des tonalités jaunes et marronnes. Les formes des fruits et de l’assiette schématisées, soulignées avec un contour délicat, sont dessinées sur un fond abstrait. La convention primitivisante approfondit l’ambiance intime et recueillie évoquée dans les toiles. La stylisation naïve joue avec l’ambiance lyrique également dans les compositions qui empruntent les accessoires des décors de kermesse (DZIEWCZYNKA Z GIRLANDA KWIATOW / PETITE FILLE A LA GUIRLANDE DE FLEURS vers 1922; KAPELA DZIECIECA / UNE CHAPELLE D’ENFANTS, 1922). Pour cette période de Makowski le type de physionomie enfantine de traits délicats et réguliers et d’expression un peu étonnée et pensive de yeux grand-ouverts est fort caractéristique. Une ligne souple, décrivant les formes avec précision, un modelage subtil et la chromatique limitée à quelques tonalités en pastels sont également caractéristiques. Les paysages peints dans les années 1926-1927 au village normand Breuilpont où l’artiste passait ses vacances constituent la culmination de la poétique enfantine (KOSCIOLEK WIEJSKI / PETITE EGLISE VILLAGEOISE, PEJZAZ NORMANDZKI / PAYSAGE NORMAND; POWROT ZE SZKOLY / RETOUR DE L’ECOLE). Les huiles étaient précédéés par des études en aquarelle et des dessins, très sobres en expression, leur contour délicat et timide déterminait les formes géométrisées de l’architecture et les tâches du crayon broyées dans les parties de l’ombre donnaient un effet de sfumato fantomatique qui irréalisait le paysage présenté.

Dans les années 20 Makowski exposait ses oeuvres avec des peintres d’orientation expressionniste, Marcel Gromaire, Edouard George, Pierre Dubreuil, Per Krohg et Jules Pascin. L’année 1928 constitue une césure importante dans l’œuvre de l’artiste. C’est à ce moment-là que son style individuel, sans pareil dans le contexte de l’art européen, se cristallise. L’artiste commence à donner une forme géométrique aux formes synthétiques, en les entourant d’un contour. De cette période provient une série d’œuvres présentant des motifs musicaux - CHLOPCY Z FUJARKAMI / GARCONS AVEC DES FLUTEAUX (vers 1928), CZWORO DZIECI Z TRABA / QUATRE ENFANTS AVEC UNE TROMPETTE (1929), KOBZIARZE / LES CORNEMUSEURS (1929), TRZEJ GRAJKOWIE / TROIS MUSICIENS (1928), JAZZ (1929).

En 1930 dans la peinture de Makowski la tendance expressionniste devient plus forte. L’article simplifie radicalement les formes en les réduisant aux triangles, cylindres et cônes, les lignes sont devenues plus fortes et expressives. Il limite la gamme chromatique aux tonalités de la terre, surtout marron renforcé du rouge et du gris. Il concentre la matière de la peinture; il introduit des effets lumineux spécifiques en animant la chromatique lugubre et obscure avec des faisceaux de lumière, avec des bandes du blanc fuyant des lampes et des lampions et avec une clarté dorée se faufilant par les fenêtres. Dans les toiles de Makowski apparaît le motif du personnage - fantoche, du rustaud rabelaisien et du vieillard. L’artiste a créé avec des moyens d’expression simplifiés une vision grotesque de l’existence humaine, d’un monde dominé par des masques et des accessoires, il a créé une réalité de mascarade avec des enfants-pierrots mélancoliques, figés dans l’immobilité ou dans des postures théâtrales. Les pantins existent dans un espace vague, abstraite, dans un entourage théâtral, dans des intérieurs des ateliers, dans des cabanes et des avant-cours. Ils sont souvent accompagnés d’animaux domestiques et d’oiseaux. Le motif qui se répète souvent sont des scènes de carême-prenant et de carnaval qui évoquent une atmosphère d’insolite et d’effroi. L’artiste a donné aussi des formes d’objet aux adultes en leur donnant des formes des blocs massifs et des traits des masques figés dans une grimace. (AUTOPORTRET Z PALETA / AUTOPORTRAIT AVEC LA PALETTE, vers 1931). En rythmant les gestes il a intensifié la platitude de la composition enfermée dans un espace étroit. L’expression prédatrice de ces fantoches, apparemment inoffensifs, surprend parfois par son animation menaçante et imprévisible (KOLEJARZE / LES CHEMINOTS, vers 1930). La facture des toiles tardives de Makowski est plus variée, les touches de pinceau longues et courtes, parallèles, sont bien visibles. En 1930 il a créé une série des travaux présentant de différentes professions: SZEWC / LE CORDONNIER, RYBAK / LE PECHEUR, STRZELEC / LE TIREUR, PIEKARZ / LE BOULANGER. SKAPIEC / L’AVARE peint deux ans plus tard était le premier maillon de la série présentant les vices humains, en étant en même temps la quintessence de la poétique grotesque.

A part la peinture de chevalet, l’aquarelle et le dessin, Makowski a pratiqué les techniques de gravure - la xylographie, l’eau-forte et la lithographie. Il faisait des illustrations des livres et des projets des couvertures; il a décoré de xylographies PASTORALKI / Les cantiques de Noel de Tytus Czyzewski publiées en 1925 à Paris. Il écrivait aussi des poèmes, des récits et des textes sur l’histoire de l’art ("Le dessin (O rysunku)", 1921; "L’art (O sztuce)", 1924; "Remarques sur l’art (Uwagi o sztuce)", 1930-32).

Irena Kossowska
Instytut Sztuki Polskiej Akademii Nauk
décembre 2001
 


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